3.17.2005
Le choix de Pierre
Plus que jamais, l'année de l'hypokhâgne, c'est l'année des choix.
Je finis mon cours de latin qui s'est passé dans le parc (!) à 16h30. Pour ceux qui prennent en cours de route, Michelet est doté d'un parc légendaire qui fait de son internat le premier de France pour son confort.
Il fait beau. D'autre groupes sont assis et discutent. J'ai le choix : soit je reste, je prends le petit chemin fleuri à la mélodie envoutante, soit je retourne chez moi, route vers les ténèbres du travail.
J'arrive donc devant un groupe de ma classe qui n'avait pas cours. Tous profitent du soleil, rigolent. Certains écoutent de la musique. Ils se préparent mentalement pour le match de football prévu à 17h. Je reste quelques temps avec eux, je suis bien...Mais je sais que ce n'est pas sérieux : ma conscience de travailleur me traite de sale tir-au-flanc. Je suis pourtant libre. Le soleil éclate. Les petis oiseaux gazouillent. L'atmosphère décidement se ligue pour me torturer.
Finalement je repars, la mort dans l'âme. J'ai pris ma décision : j'ai du vocabulaire d'allemand, de latin à apprendre et un peu d'anglais. Je DOIS travailler. Dans le bus, je me les représente qui jouent en ce moment et s'amusent. La chance! Trop tard, le choix est fait.
Je finis mon cours de latin qui s'est passé dans le parc (!) à 16h30. Pour ceux qui prennent en cours de route, Michelet est doté d'un parc légendaire qui fait de son internat le premier de France pour son confort.
Il fait beau. D'autre groupes sont assis et discutent. J'ai le choix : soit je reste, je prends le petit chemin fleuri à la mélodie envoutante, soit je retourne chez moi, route vers les ténèbres du travail.
J'arrive donc devant un groupe de ma classe qui n'avait pas cours. Tous profitent du soleil, rigolent. Certains écoutent de la musique. Ils se préparent mentalement pour le match de football prévu à 17h. Je reste quelques temps avec eux, je suis bien...Mais je sais que ce n'est pas sérieux : ma conscience de travailleur me traite de sale tir-au-flanc. Je suis pourtant libre. Le soleil éclate. Les petis oiseaux gazouillent. L'atmosphère décidement se ligue pour me torturer.
Finalement je repars, la mort dans l'âme. J'ai pris ma décision : j'ai du vocabulaire d'allemand, de latin à apprendre et un peu d'anglais. Je DOIS travailler. Dans le bus, je me les représente qui jouent en ce moment et s'amusent. La chance! Trop tard, le choix est fait.
3.16.2005
L'emploi du temps :)
(/!\ Excusez le délai de parution des articles. Ma connexion n'est toujours pas réparée)
Je n'ai pas encore vraiment traité du contenu des cours qui nous sont dispensés. Jusqu'à maintenant, j'ai surtout fait part dans mes articles de mes constats, de mes interrogations. Cet article se veut donc plus concret et plus didactique. Je vais raconter mes trois dernières journées brièvement, à savoir lundi, mardi et mercredi matin. Chaque paragraphe correspond à chacun de ces jours.
Le lundi, nous commençons par deux heures (les seules) de géographie. Pour la première fois, Mme R. nous a fait un cours passionnant sur la climatologie, pour nous aider à comprendre le climat de l'Afrique subsaharienne : je suis maintenant capable de raconter à qui veut le pourquoi de la naissance des précipitations sur le continent, et ceci de manière très scientifique! Hypokhâgneux, futurs météorologues? Ensuite, j'ai un gros trou de quatre heures, qui me permet, quand je me sens sérieux, de m'avancer. Pour cela nous disposons du CDI, que vous pouvez voir en photo en cliquant à gauche. Je tiens à préciser la dimension épique de cette entreprise : je suis constamment tenté par le bavardage et par les petits potins. Exceptionnellement, cette semaine, pendant une heure, j'ai passé ma "colle" d'allemand. Le principe : dans une salle de quelques misérables m² s'affrontent le professeur et deux élèves (= le binôme). Le binôme doit commenter un article en allemand, qu'il a préparé chez lui à l'avance. Je m'en suis bien tiré. L'après-midi, une heure d'allemand, jour fatidique de la grammaire, une heure d'anglais, puis une heure de latin (débutant) qui s'est déroulé dans des circonstances assez exceptionnelles, que je ne détaillerai pas (maintenant) par principe moral. Rentré chez moi, j'ai lu approfondi Camus, "Le premier homme" jusqu'à minuit, en vue de ma dissertation du lendemain.
Mardi. Je me lève à 6h00, ce qui est rare, pour réviser mes citations du livre que je veux connaître absolument par coeur pour les recaser quelques heures plus tard sur ma copie. Je le concède, ce principe est absurde. A 8h commence une épopée de 4h00, une dissertation de lettres donc. Avis aux amateurs : "Histoire et mémoire" dans le livre de Camus. Sujet déroutant, certes, mais que j'ai traité avec passion et que je pense avoir réussi. J'ai remarqué avoir eu moins peur, avoir mieux géré mon temps, bref, tout ce qu'on attend d'une petite truffe modèle. L'après-midi, nous avions encore une heure de lettres : nous avons étudié un texte de Furetière, car nous sommes actuellement sur le XVIIe siècle. J'ai ensuite eu allemand IEP, heure à laquelle j'assiste pour le plaisir de la langue, suivie de deux heures de latin, pendant lesquelles nous avons avancé dans la leçon sur les perfectum et infectum passés (c'est très amusant!). En rentrant, ô doux Jésus, je n'ai presque pas travaillé.
Mercredi (aujourd'hui). Deux heures d'histoire seulement, pendant lesquelles nous avons étudié et commenté un texte sur la ville de Lyon au XIXe siècle. Ensuite, j'ai travaillé près d'une heure dans le parc avec ma binôme pour souhaiter la bienvenue au nouvel arrivant : le soleil. Puis, rentré chez moi, j'ai fait un peu d'allemand, d'anglais et d'histoire. Rien de bien méchant.
Voilà un beau compte-rendu objectif. Entre ces évènements que je vous balance de manière froide s'intercalent de nombreuses pensées, des rires, de le communication, de l'échange que je n'ai pas le temps de détailler. Il faut que je travaille encore un peu, malgré l'heure...
Je n'ai pas encore vraiment traité du contenu des cours qui nous sont dispensés. Jusqu'à maintenant, j'ai surtout fait part dans mes articles de mes constats, de mes interrogations. Cet article se veut donc plus concret et plus didactique. Je vais raconter mes trois dernières journées brièvement, à savoir lundi, mardi et mercredi matin. Chaque paragraphe correspond à chacun de ces jours.
Le lundi, nous commençons par deux heures (les seules) de géographie. Pour la première fois, Mme R. nous a fait un cours passionnant sur la climatologie, pour nous aider à comprendre le climat de l'Afrique subsaharienne : je suis maintenant capable de raconter à qui veut le pourquoi de la naissance des précipitations sur le continent, et ceci de manière très scientifique! Hypokhâgneux, futurs météorologues? Ensuite, j'ai un gros trou de quatre heures, qui me permet, quand je me sens sérieux, de m'avancer. Pour cela nous disposons du CDI, que vous pouvez voir en photo en cliquant à gauche. Je tiens à préciser la dimension épique de cette entreprise : je suis constamment tenté par le bavardage et par les petits potins. Exceptionnellement, cette semaine, pendant une heure, j'ai passé ma "colle" d'allemand. Le principe : dans une salle de quelques misérables m² s'affrontent le professeur et deux élèves (= le binôme). Le binôme doit commenter un article en allemand, qu'il a préparé chez lui à l'avance. Je m'en suis bien tiré. L'après-midi, une heure d'allemand, jour fatidique de la grammaire, une heure d'anglais, puis une heure de latin (débutant) qui s'est déroulé dans des circonstances assez exceptionnelles, que je ne détaillerai pas (maintenant) par principe moral. Rentré chez moi, j'ai lu approfondi Camus, "Le premier homme" jusqu'à minuit, en vue de ma dissertation du lendemain.
Mardi. Je me lève à 6h00, ce qui est rare, pour réviser mes citations du livre que je veux connaître absolument par coeur pour les recaser quelques heures plus tard sur ma copie. Je le concède, ce principe est absurde. A 8h commence une épopée de 4h00, une dissertation de lettres donc. Avis aux amateurs : "Histoire et mémoire" dans le livre de Camus. Sujet déroutant, certes, mais que j'ai traité avec passion et que je pense avoir réussi. J'ai remarqué avoir eu moins peur, avoir mieux géré mon temps, bref, tout ce qu'on attend d'une petite truffe modèle. L'après-midi, nous avions encore une heure de lettres : nous avons étudié un texte de Furetière, car nous sommes actuellement sur le XVIIe siècle. J'ai ensuite eu allemand IEP, heure à laquelle j'assiste pour le plaisir de la langue, suivie de deux heures de latin, pendant lesquelles nous avons avancé dans la leçon sur les perfectum et infectum passés (c'est très amusant!). En rentrant, ô doux Jésus, je n'ai presque pas travaillé.
Mercredi (aujourd'hui). Deux heures d'histoire seulement, pendant lesquelles nous avons étudié et commenté un texte sur la ville de Lyon au XIXe siècle. Ensuite, j'ai travaillé près d'une heure dans le parc avec ma binôme pour souhaiter la bienvenue au nouvel arrivant : le soleil. Puis, rentré chez moi, j'ai fait un peu d'allemand, d'anglais et d'histoire. Rien de bien méchant.
Voilà un beau compte-rendu objectif. Entre ces évènements que je vous balance de manière froide s'intercalent de nombreuses pensées, des rires, de le communication, de l'échange que je n'ai pas le temps de détailler. Il faut que je travaille encore un peu, malgré l'heure...
3.13.2005
A la découverte de l'intellect!
Et surtout du non-intellect...
L'Hk, on s'en doute, est un des chemins qui mène à l'intellect : dans ses lectures, ses dissertations, ses cours, on est sans cesse stimulé à réfléchir, réagir et formuler un jugement (plus que dans le secondaire). Il faut peser ses mots, après les avoir mûrement formulés dans son esprit. J'insiste particulièrement sur le caractère nouveau de cette expérience, du moins en ce qui me concerne. J'ai en effet découvert pendant mes quelques lectures philospohiques de l'été dernier pour la rentrée un monde nouveau, constitué d'idées et de jus de cerveau! Monde étrange que j'avais jusque là ignoré. Comme un kangourou, j'ai fait un grand bond.
Mais, chose imprévue, c'est un bond à double tranchant. En s'enlisant dans ce tourbillon d'idées, j'ai découvert par la même occasion celui des non-idées, celui de la vie banale, la vie quotidienne si je puis dire. Clairement, j'ai vu qu'il y avait une différence de niveau entre ce que j'étudiais en cours et mes conversations de tous les jours, que les émissions de télé qui jadis ne m'interpellaient pas par leur vide cosmique le font maintenant, que le monde de l'apparence est en somme très superficiel...Bref, une sorte de vision manichéenne de la réalité.
Et je trouve que cette vision est dangereuse. Car il m'arrive fréquemment, contre mon gré, de classer les phénomènes : "tiens, toi, je te met dans le tiroir intellect, tu m'interesse ; toi non, tu es bien trop pauvre en idée. Ouste!" Et cette classification, en somme, dichotomise ce qui ne constituait avant qu'un tout pour moi. Pour schématiser, tout est noir ou blanc. Je trouve pourtant cette division superficielle, mais j'ai du mal à m'en extraire. J'essaye souvent de retrouver ce regard candide que je portais sur le monde, mais c'est tentative vaine (sauf pendant mon Bafa). Il faut donc se méfier et rester vigilant, pour ne pas tomber dans les excès.
Et ce blog, alors?! Dans quoi le classer. C'est vrai qu'il en ressort une grande trace lumineuse de son auteur. Mais quand on y regarde de plus près, est-ce qu'il dit vraiment des choses intelligentes? A vous de juger maintenant.
L'Hk, on s'en doute, est un des chemins qui mène à l'intellect : dans ses lectures, ses dissertations, ses cours, on est sans cesse stimulé à réfléchir, réagir et formuler un jugement (plus que dans le secondaire). Il faut peser ses mots, après les avoir mûrement formulés dans son esprit. J'insiste particulièrement sur le caractère nouveau de cette expérience, du moins en ce qui me concerne. J'ai en effet découvert pendant mes quelques lectures philospohiques de l'été dernier pour la rentrée un monde nouveau, constitué d'idées et de jus de cerveau! Monde étrange que j'avais jusque là ignoré. Comme un kangourou, j'ai fait un grand bond.
Mais, chose imprévue, c'est un bond à double tranchant. En s'enlisant dans ce tourbillon d'idées, j'ai découvert par la même occasion celui des non-idées, celui de la vie banale, la vie quotidienne si je puis dire. Clairement, j'ai vu qu'il y avait une différence de niveau entre ce que j'étudiais en cours et mes conversations de tous les jours, que les émissions de télé qui jadis ne m'interpellaient pas par leur vide cosmique le font maintenant, que le monde de l'apparence est en somme très superficiel...Bref, une sorte de vision manichéenne de la réalité.
Et je trouve que cette vision est dangereuse. Car il m'arrive fréquemment, contre mon gré, de classer les phénomènes : "tiens, toi, je te met dans le tiroir intellect, tu m'interesse ; toi non, tu es bien trop pauvre en idée. Ouste!" Et cette classification, en somme, dichotomise ce qui ne constituait avant qu'un tout pour moi. Pour schématiser, tout est noir ou blanc. Je trouve pourtant cette division superficielle, mais j'ai du mal à m'en extraire. J'essaye souvent de retrouver ce regard candide que je portais sur le monde, mais c'est tentative vaine (sauf pendant mon Bafa). Il faut donc se méfier et rester vigilant, pour ne pas tomber dans les excès.
Et ce blog, alors?! Dans quoi le classer. C'est vrai qu'il en ressort une grande trace lumineuse de son auteur. Mais quand on y regarde de plus près, est-ce qu'il dit vraiment des choses intelligentes? A vous de juger maintenant.