2.25.2005
Le réel qui se démantèle...
Culture=aventure
Hier, des premiers flocons de neige matinaux jusqu'à la tombée de la nuit, j'ai lu une nouvelle romantique allemande : "le sortilège d'automne". C'est terrifiant : au fil des mots, des phrases, je sentais que me perdais petit à petit dans les sinuosités du réel. En effet, les mots sont minutieusement choisis pour provoquer une sensation chez le lecteur. Frissons, effroi, mystère.
Je ne pourrais pas décrire le processus exact. L'auteur nous projette dans un monde totalement différent (vraiment?) de ce que nous vivons quotidiennement, dans une vie dirons-nous normale. De ce fait, je me sentais complètement tiraillé : d'un côté mon chez-moi, bercé par le ronflemment de l'ordinateur, qui lui semble un objet concrèt, immanent, et de l'autre, la forêt enchantée ou chantent des cors de chasses à la mélodie troublante. Dans le livre, tout est construit pour faire jaillir des impressions, des caractères vivants de personnages auxquels on est tenté de s'identifier par l'intermédiaire des êtres que nous connaissons. Finalement, tout se mélange, les images fantastiques se mêlent à celles des souvenirs personnels, souvent vagues.
Je trouve cette expérience désagréable. Esprit & corps semblent soudain se muter en spectre et notre conscience par rapport à soi-même, par rapport au monde se désagrège et plonge dans une vacuité déstabilisante. Le sujet est profondemment remis en question : pourquoi suis-je présent à cet instant, dans ce lieu? C'est aussi un puissant sentiment d'embrigadement qui s'est emparé de moi : un rapport direct se crée entre le livre et moi, auquel personne n'assiste. C'est finalement le terrible poids de l'isolation qui pèse sur nous.
Je ne sais pas si cette expérience est personnelle, si je ne suis un des seuls à ne pas être "immunisé" contre le labyrinthe tortueux de la littérature, ou si l'on ressent souvent cela. Cependant tout n'est pas négatif : cette expérience est une aventure avant tout : l'esprit vagabonde et se perd, mais perdure. Et même ce type d'aventure, je pense fait progresser.
Et qu'en est-il pour le blog? C'est plutôt le contraire qui se produit : on se sent réellement ancré dans la situation présente, dialoguant indirectement avec autrui, aussi présent que jamais sur la Toile mondialement visitée.
Hier, des premiers flocons de neige matinaux jusqu'à la tombée de la nuit, j'ai lu une nouvelle romantique allemande : "le sortilège d'automne". C'est terrifiant : au fil des mots, des phrases, je sentais que me perdais petit à petit dans les sinuosités du réel. En effet, les mots sont minutieusement choisis pour provoquer une sensation chez le lecteur. Frissons, effroi, mystère.
Je ne pourrais pas décrire le processus exact. L'auteur nous projette dans un monde totalement différent (vraiment?) de ce que nous vivons quotidiennement, dans une vie dirons-nous normale. De ce fait, je me sentais complètement tiraillé : d'un côté mon chez-moi, bercé par le ronflemment de l'ordinateur, qui lui semble un objet concrèt, immanent, et de l'autre, la forêt enchantée ou chantent des cors de chasses à la mélodie troublante. Dans le livre, tout est construit pour faire jaillir des impressions, des caractères vivants de personnages auxquels on est tenté de s'identifier par l'intermédiaire des êtres que nous connaissons. Finalement, tout se mélange, les images fantastiques se mêlent à celles des souvenirs personnels, souvent vagues.
Je trouve cette expérience désagréable. Esprit & corps semblent soudain se muter en spectre et notre conscience par rapport à soi-même, par rapport au monde se désagrège et plonge dans une vacuité déstabilisante. Le sujet est profondemment remis en question : pourquoi suis-je présent à cet instant, dans ce lieu? C'est aussi un puissant sentiment d'embrigadement qui s'est emparé de moi : un rapport direct se crée entre le livre et moi, auquel personne n'assiste. C'est finalement le terrible poids de l'isolation qui pèse sur nous.
Je ne sais pas si cette expérience est personnelle, si je ne suis un des seuls à ne pas être "immunisé" contre le labyrinthe tortueux de la littérature, ou si l'on ressent souvent cela. Cependant tout n'est pas négatif : cette expérience est une aventure avant tout : l'esprit vagabonde et se perd, mais perdure. Et même ce type d'aventure, je pense fait progresser.
Et qu'en est-il pour le blog? C'est plutôt le contraire qui se produit : on se sent réellement ancré dans la situation présente, dialoguant indirectement avec autrui, aussi présent que jamais sur la Toile mondialement visitée.
2.22.2005
Quelques mots sur Michelet
Michelet, une hypokhâgne?
Michelet est un superble lycée qui date probablement du XVIIe siècle. Il se différencie des autres par son internat totalement déjanté, son parc mirifique (véritable microcosme) et ses tendances politiques largement marquées par les récentes grèves lycéennes.
Continuons l'excursion à plus grande échelle. En ce qui concerne les prépas première-année, on trouve des épiciers (alias HEC), des taupes (alias PCSI et MPSI) et une hypokhâgne, en salle 218.
La salle-même, véritable repaire d'étudiants assoifés de culture dispose d'un rétro-projecteur (dont nous tairons le prix) qui vient d'être mis en service. Des posters sont placardés sur les murs, assez variés (peinture, théàtre, peinture, sculpture, théàtre) ainsi que des articles, surtout philosophiques, expliquant ainsi le peu de succès qu'ils connaissent. Ce n'est pas du mauvais esprit, mais il faut savoir que cela demande de la concentration à chaque fois.
Les élèves, nous, sont ma foi très différents les uns des autres. Je ne vais pas me lancer dans une analysé macro-classifique mais retenons seulement qu'il y règne, pour notre plus grand bonheur, une ambiance de complicité que je vais détailler plus bas. La concurrence? me direz-vous... Un mythe. Du moins ici. Dans certains lycées plus prestigieux, sûrement...Il y a beaucoup plus de filles que des gars (sans blague) ce qui ancre un sentiment profond de pacifisme dans la classe. Quoique...
Je reviens sur cette complicité. Ce sentiment n'était pas présent dans le secondaire, ou du moins d'une manière différente. En effet, en hypokhâgne, nous avons, il me semble, un intérèt commun à savoir la culture. A partir de cela, nous gravitons tous autour de ce pôle commun et cela crée des liens. Liens qui passent très souvent par un humour qui se crée par cette attrait pour la culture. Prenons par exemple l'exemple très récent "du sophiste" de Platon, dessiné dans sa cellule de prison sur le tableau : explosion de rires générale. Voila ce que je nomme complicité.
Cela nous amène au titre de cet article : cette complicité, souvent très marquée (il suffit de repenser à Mardi Gras) fait de cette hypokhâgne une classe pour le moins étrange...Mais très apaisante, face au travail demandé.
En effet, à Michelet, c'est le tarif 1 dissert par semaine, 2 concours blancs + 1 colle (si vous êtes conservateurs, préférez l'orthorgraphe "khôlle"). Cela exige beaucoup d'efforts, mais je le développerai dans un prochain article.
Une chose est sûre, l'hypokhâgne de Michelet est fidèle à ses consoeurs par ses performances épiques en football (en est-ce réellement?) : les matchs du tournois se soldent par de véritables fiascos, du genre 18-0. Heureusement, là où le pied échoue, le cerveau rattrape tout, et des réelles stratégies d'attaque, telles que la "Tortue" sont courageusement menées.
Bref. Regardez les photos qui viendront un jour pour essayer de mieux comprendre.
./..
Michelet est un superble lycée qui date probablement du XVIIe siècle. Il se différencie des autres par son internat totalement déjanté, son parc mirifique (véritable microcosme) et ses tendances politiques largement marquées par les récentes grèves lycéennes.
Continuons l'excursion à plus grande échelle. En ce qui concerne les prépas première-année, on trouve des épiciers (alias HEC), des taupes (alias PCSI et MPSI) et une hypokhâgne, en salle 218.
La salle-même, véritable repaire d'étudiants assoifés de culture dispose d'un rétro-projecteur (dont nous tairons le prix) qui vient d'être mis en service. Des posters sont placardés sur les murs, assez variés (peinture, théàtre, peinture, sculpture, théàtre) ainsi que des articles, surtout philosophiques, expliquant ainsi le peu de succès qu'ils connaissent. Ce n'est pas du mauvais esprit, mais il faut savoir que cela demande de la concentration à chaque fois.
Les élèves, nous, sont ma foi très différents les uns des autres. Je ne vais pas me lancer dans une analysé macro-classifique mais retenons seulement qu'il y règne, pour notre plus grand bonheur, une ambiance de complicité que je vais détailler plus bas. La concurrence? me direz-vous... Un mythe. Du moins ici. Dans certains lycées plus prestigieux, sûrement...Il y a beaucoup plus de filles que des gars (sans blague) ce qui ancre un sentiment profond de pacifisme dans la classe. Quoique...
Je reviens sur cette complicité. Ce sentiment n'était pas présent dans le secondaire, ou du moins d'une manière différente. En effet, en hypokhâgne, nous avons, il me semble, un intérèt commun à savoir la culture. A partir de cela, nous gravitons tous autour de ce pôle commun et cela crée des liens. Liens qui passent très souvent par un humour qui se crée par cette attrait pour la culture. Prenons par exemple l'exemple très récent "du sophiste" de Platon, dessiné dans sa cellule de prison sur le tableau : explosion de rires générale. Voila ce que je nomme complicité.
Cela nous amène au titre de cet article : cette complicité, souvent très marquée (il suffit de repenser à Mardi Gras) fait de cette hypokhâgne une classe pour le moins étrange...Mais très apaisante, face au travail demandé.
En effet, à Michelet, c'est le tarif 1 dissert par semaine, 2 concours blancs + 1 colle (si vous êtes conservateurs, préférez l'orthorgraphe "khôlle"). Cela exige beaucoup d'efforts, mais je le développerai dans un prochain article.
Une chose est sûre, l'hypokhâgne de Michelet est fidèle à ses consoeurs par ses performances épiques en football (en est-ce réellement?) : les matchs du tournois se soldent par de véritables fiascos, du genre 18-0. Heureusement, là où le pied échoue, le cerveau rattrape tout, et des réelles stratégies d'attaque, telles que la "Tortue" sont courageusement menées.
Bref. Regardez les photos qui viendront un jour pour essayer de mieux comprendre.
./..
Une entreprise bien tardive...
Mais pourquoi diable commencer en février?
C'est peut-être la première question à laquelle il faut répondre.
Je peux avancer deux facteurs.
J'ai d'abord cruellement manqué de temps jusqu'ici. Ce mot a changé de valeur cette année : il s'est transformé en un bien précieux et rare. Nous avons en effet quelques vingt-cinq heures de cours, plus les devoirs. Selon Mr. G. (ce n'est pas de la censure ; quelques mesures de précaution s'imposent), mon professeur de latin, nous devons travailler au total 10 heures par jour sauf le dimanche pour réussir l'année. Ajoutons à cela 1h de transports, 8h de sommeil (+ sieste éventuelle), 2h30 pour satisfaire tous ses petits besoins naturels et 1h d'activité domestique ; calculons : 10 + 1 + 8 + 2h30 + 1 = 22h30. Il reste donc 1h30 quotidienne en moyenne pour sortir, se divertir, se reposer, téléphoner, se documenter. J'exagère. Je mange fréquemment sur les heures de travail et sur le sommeil. Mais cela montre bien qu'il faut absolument tout minuter et que chaque micro-seconde est un bien inestimable. J'ai donc eu du mal à trouver le temps pour cette entreprise.
Ensuite, l'idée précise ne m'était pas apparue à l'esprit. C'est donc un problème de cerveau, c'est moins grave, il paraît qu'on y remédie. J'avais bien sûr eu l'idée de me mettre à écrire, tâche à laquelle s'employe tout petit hypokhâgneux modèle mais je n'en voyais pas les vertus. C'est donc mon ptit père, du haut de ses 47 ans, qui m'a inspiré ce projet. Au début l'idée m'a paru saugrenue. Mais pourquoi pas après tout. On voit bien des canards marcher sur une patte.
Ces deux obstacles ont donc été gommés, et hybloghagne, dans toute sa modestie, est né.
C'est peut-être la première question à laquelle il faut répondre.
Je peux avancer deux facteurs.
J'ai d'abord cruellement manqué de temps jusqu'ici. Ce mot a changé de valeur cette année : il s'est transformé en un bien précieux et rare. Nous avons en effet quelques vingt-cinq heures de cours, plus les devoirs. Selon Mr. G. (ce n'est pas de la censure ; quelques mesures de précaution s'imposent), mon professeur de latin, nous devons travailler au total 10 heures par jour sauf le dimanche pour réussir l'année. Ajoutons à cela 1h de transports, 8h de sommeil (+ sieste éventuelle), 2h30 pour satisfaire tous ses petits besoins naturels et 1h d'activité domestique ; calculons : 10 + 1 + 8 + 2h30 + 1 = 22h30. Il reste donc 1h30 quotidienne en moyenne pour sortir, se divertir, se reposer, téléphoner, se documenter. J'exagère. Je mange fréquemment sur les heures de travail et sur le sommeil. Mais cela montre bien qu'il faut absolument tout minuter et que chaque micro-seconde est un bien inestimable. J'ai donc eu du mal à trouver le temps pour cette entreprise.
Ensuite, l'idée précise ne m'était pas apparue à l'esprit. C'est donc un problème de cerveau, c'est moins grave, il paraît qu'on y remédie. J'avais bien sûr eu l'idée de me mettre à écrire, tâche à laquelle s'employe tout petit hypokhâgneux modèle mais je n'en voyais pas les vertus. C'est donc mon ptit père, du haut de ses 47 ans, qui m'a inspiré ce projet. Au début l'idée m'a paru saugrenue. Mais pourquoi pas après tout. On voit bien des canards marcher sur une patte.
Ces deux obstacles ont donc été gommés, et hybloghagne, dans toute sa modestie, est né.
Vacances de février
Des vacances ?
Petit précis étymologique : le terme vacance vient du latin (on s'en doutait) vaco, as, are qui a pour premier sens "être vide". Je pense que le français moderne l'a employé pour signifier l'absence de travail, caractéristique de la vie quotidienne (on remarque dès cet article mon sens profond de la déduction logique).
Qu'est-ce que sont que des vacances pour un hypokhâgneux? Sur deux semaines de vacances, je me suis engagé à travailler la moitié du temps. Pour l'instant, je respecte à peu près ce créneau, mais je n'avance pas vite. Car pendant les vacances, le cadre contraignant se volatilise et l'esprit vagabonde et se disperse. Je lis dix pages de philosophie par heure, maigre trophée! D'autant plus que le sujet étudié ne facilité guère la tâche : métaphysique leibnizienne.
Pour revenir au point de départ, mes vacances ne sont point vides, contrairement à ce que j'ai pu connaître dans le secondaire. Chaque seconde se ponctue par un but bien précis, que j'essaye de me fixer à l'avance. Même si le travail occupe en grande partie ce temps, je ne m'ennuye pas.
Mon inspiration chute net. A suivre ./..
Petit précis étymologique : le terme vacance vient du latin (on s'en doutait) vaco, as, are qui a pour premier sens "être vide". Je pense que le français moderne l'a employé pour signifier l'absence de travail, caractéristique de la vie quotidienne (on remarque dès cet article mon sens profond de la déduction logique).
Qu'est-ce que sont que des vacances pour un hypokhâgneux? Sur deux semaines de vacances, je me suis engagé à travailler la moitié du temps. Pour l'instant, je respecte à peu près ce créneau, mais je n'avance pas vite. Car pendant les vacances, le cadre contraignant se volatilise et l'esprit vagabonde et se disperse. Je lis dix pages de philosophie par heure, maigre trophée! D'autant plus que le sujet étudié ne facilité guère la tâche : métaphysique leibnizienne.
Pour revenir au point de départ, mes vacances ne sont point vides, contrairement à ce que j'ai pu connaître dans le secondaire. Chaque seconde se ponctue par un but bien précis, que j'essaye de me fixer à l'avance. Même si le travail occupe en grande partie ce temps, je ne m'ennuye pas.
Mon inspiration chute net. A suivre ./..
Edito
Ami Blogué,
Par je ne sais quel chemin périlleux tu es arrivé sur mon "hybloghagne" et je t'en félicite. Je vais essayer de te décrire mon projet en quelques mots.
Ce que je vais tenter de réaliser par le truchement virtuel, c'est de décrire de la manière la plus complète possible ce que représente la classe d'hypokhâgne (dîtes HK, ça fait mieux) en elle-même, mais aussi pour moi.
Peut-être peut-on essayer de se donner quelques principes qui régiront l'évolution de ce projet : 1/mettre avant tout à contribution pendant la journée mes deux sens enregistreurs, à savoir l'ouïe et l'écoute, qui permettront de tout retranscrire ; 2/faire une retranscription sélective et astucieuse qui constituera je l'espère la richesse de ce blog ; 3/peut-être tenter de décrire comment l'hypokhâgne modifier ma perception de ce qui m'entoure, et plus radicalement de la vie, sans pour autant ergoter sur mes problèmes existentiels qui assoment monumentalement.
La pseudo-aventure peut commencer./..
Par je ne sais quel chemin périlleux tu es arrivé sur mon "hybloghagne" et je t'en félicite. Je vais essayer de te décrire mon projet en quelques mots.
Ce que je vais tenter de réaliser par le truchement virtuel, c'est de décrire de la manière la plus complète possible ce que représente la classe d'hypokhâgne (dîtes HK, ça fait mieux) en elle-même, mais aussi pour moi.
Peut-être peut-on essayer de se donner quelques principes qui régiront l'évolution de ce projet : 1/mettre avant tout à contribution pendant la journée mes deux sens enregistreurs, à savoir l'ouïe et l'écoute, qui permettront de tout retranscrire ; 2/faire une retranscription sélective et astucieuse qui constituera je l'espère la richesse de ce blog ; 3/peut-être tenter de décrire comment l'hypokhâgne modifier ma perception de ce qui m'entoure, et plus radicalement de la vie, sans pour autant ergoter sur mes problèmes existentiels qui assoment monumentalement.
La pseudo-aventure peut commencer./..