6.20.2005

 

Bilan (5)

Voici le deuxième et dernier article en ce qui concerne l'aspect relationnel de l'HK.

Il le pense du plus profond de lui-même et il le déclame avec émotion, il a découvert des amis formidables cette année. Tous enfoncés dans le même bourbier dans les moments difficiles mais toujours cette capacité à tendre la main vers l'autre, ces petits points lumineux qui l'ont rendus heureux.

L'histoire est belle. Graduellement des liens profonds se sont tissés , sans cesse créateurs jusqu'à aujourd'hui. Au début de l'année il n'arrivait pas tellement à s'adapter, surtout qu'il y avait LE groupe d'internes très prégnant, qui avait déjà beaucoup partagé en quelques semaines. Les internes et les externes, c'étaient un peu le jour et la nuit. Il a d'abord découvert qu'il partageait une passion avec l'un d'entre eux. Un beau lien initiatique. Plusieurs fois ce dernier l'invita dans sa chambre et ils discutaient avec frénésie, détachés de l'HK. Leur reflexion était pour lui créative, si innovante. C'est dans ces instants qu'on comprend le jaillissement d'une étincelle, d'une réciprocité qui va évoluer. Cela le remplissait d'espoir, il commençait à percevoir la profondeur possible d'une relation à un moment donné.

Au fil de l'année et assez rapidement, il fait connaissance avec les autres. Ceux qui rigolent aussi. Ceux qui arrivent en retard en cours et qui se font gentiment admonester. Il apprend à connaître ceux qui vivent l'HK de manière transcendantale ; ceux-là même qui méditent profondemment sur le sens de la culture, son être, et qui tâtonnent en s'en imprégnant. Emerveillé, il essaye de s'intégrer. Il le veut. Mais. Il traîne avec lui une conception formelle et balistique de l'amitié. Il attend des codes, des signes peut-être même des réponses. Il est déçu. Cela explique en partie la chute de la courbe du niveau vers decembre (voir article Courbe de Motivation 2004/2005 / Semaine du 3 avril). Il traverse du coup une phase pénible. Car il ne peut s'empêcher de se sentir exclu, comme il l'a souvent fait, ce dont il a conscience, ce dont il cherche encore aujourd'hui à se débarasser.

Après février, il revient vivifié par le Bafa. Et naturellement, d'une spontanéité d'ailleurs farceuse, il se sent pleinement maillon d'une nouvelle chaîne solidement unie. Il ne cherche plus à comprendre, à vrai dire. Il se contente de vivre, en souriant au ciel. Désormais il partage à bride abattue, il échange les mots du coeur. Il s'est creusé son petit terrier. Il peut s'y lover. Cette nouvelle meute ne lui fait pas oublier ses anciennes. Au contraire, cela lui permet de s'épanouir en sein de chacunes d'entre elles. De faire la part des choses. Trier donner recevoir échanger. Le grand nettoyage du printemps celui qui purge en profondeur. Oui il reste ami avec les autres hypokhâgneux qu'il apprécie énormément et ses amis extérieurs, de longue date.

Il les remercie chaque jour, ils le savent. Il les remercie de lui avoir fait découvrir tant de domaines inexplorés tels que la musique, la littérature ou la philosophie. Il les remercie d'avoir dû se heurter à des préjugés qu'il portait contre des occupations crayonnées au noir par la société. Il les remercie pour leurs sentiments chaleureux dont la sincérité s'exprime de manière fluorescente. Satisfait, il continue son chemin en portant des souvenirs langoureux. L'année prochaine, il ne sera plus dans leur classe. Et alors. Il ira leur rendre visite frauduleusement à l'internat, fera battre son coeur au rythme des pas et il continuera.

Il les remercie d'avoir été obligé d'employer la troisième personne pour tenter de saisir.

Comments:
:') merci
 
Emouvant.

(le style lapidaire, j'aime beaucoup...)
 
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