6.16.2005

 

Bilan (3)

Je vais terminer de décrire -par cet article- ce que m'a apporté l'hypokhâgne du point de vue intellectuel. Certainement dès demain je me mordrai les doigts car je me rendrai compte que j'ai oublié le plus important mais il faut bien savoir s'arrêter un jour.

Ce n'est pas une nouveauté, les conseillers d'orientation et les profs du secondaire nous l'ont rabâché, on apprend de nouvelles méthodes de travail en prépa qui nous serviront tout au long de notre carrière. J'ai conscience de jouer le rôle de perroquet en écrivant ceci, pourtant je vais essayer de me démarquer du discours commun en tentant d'éplucher le phénomène.

J'ai d'abord mis du temps à accepter de travailler. Le moins j'en faisais, le mieux je me portais. Car non seulement je n'y étais pas habitué, on connaît le secondaire, mais il y avait aussi un acte de rebellion interne qui me poussait à ne pas trop m'investir dans la prépa de continuer à mener la "vraie vie". Ainsi entre un pot avec des copains ou une heure de travail, mon coeur n'hésitait pas un instant. D'autant plus que jusqu'en février à peu près, j'étais persuadé que j'arreterai et que j'irai faire du chinois ou l'école des 3A à Lyon (quoique ces projets ne soient pas totalement tombés à l'eau).

Puis peu à peu le travail a grignoté de la place dans mon espace vital. A tel point que je me faisais un sang d'encre si je ne faisais pas assez mes devoirs. Tu veux sortir ce soir? Non désolé il me reste un peu de taf'. Et demain? Ecoute je verrai, mais ça m'étonnerai. Ainsi petit à petit je commençais une vie d'ermite, sans pour autant oublier de me raser. Mon père a dit très justement: arrête de te réfugier dans le travail et sors. D'ailleurs, une fois, il m'a emmené de force au cinéma, moi gémissant, lui me traînant, afin que je puisse "m'adapter aux imprévus". Ainsi donc la prépa a contribué surtout à débusquer le mythe du travail harassant, et à me le rendre agréable, voire essentiel. Cela fait deux semaines que je ne fais plus rien et je sens un certain vide quelque part qui plane. C'est pour cette raison que je peine encore à me lever tard le matin, de peur de perdre du temps dans une journée déjà courte.

Je vais terminer en parlant de l'aquisition de la méthode en elle-même. J'ai en fait assez de mal à savoir si je travaille réellement mieux. Plus, oui. Avec motivation, oui. Mais plus efficacement? J'ai déjà évoqué les progrès de ma vitesse de lecture. Ajoutons que je perds moins de temps à m'égarer dans les plus petits détails de mes recherches pour les dissertation, que j'organise plus rapidement mes plans et que je recherche moins qu'avant la perfection dans mon travail, ce qui est peut-être le plus gros progrès car je ne doute pas pendant des heures -tout en stagnant- de la qualité de ce que je produis. Comble de tout ceci: le sujet à Normale Sup' l'année prochaine de philo tombera sur le TRAVAIL ;)

Comments:
Ce que tu dis est tres vrai!
J'ai pas mal de proches qui ont fait des prepas et grace a toi je vois l'interieur d'Hypo.
Je me souviens d'une amie qui etait a l'epoque en prepa d'Anglais venait a la maison pour faire un break...elle travaillait toujours mais on la ravitaillait en cerise...elle aussi avait du mal a decrocher...mais le "break cerise" etait quand meme essenciel pour elle...l'impression d'avoir une vrai vie en dehors des bouquins.
 
oula quel hasard!
je me suis moi meme inscrit en prépas HK étant en L(j'ai les resultats cette après midi....)bref, mon deuxieme choix est aussi d'apprendre le chinois au 3A !!!!!
Ca me rassure qu'un littéraire est aussi songé à une école de commerce, faut dire que cette ecole est vraiment géniale.
voili voilà, merci pour ton blog, ca me fait bien marrer de lire tes histoires hypokagnieuses! :)
 
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