3.21.2005

 

Des langues bien pendues!

Sachez-le tout de suite, il y une vie en dehors des cours et du travail en HK, ce sont les conversations, les éternelles. J'ai en effet remarqué que nous sommes très loquaces : chaque moment est opportun. Dans les couloirs (le matin et entre les cours), pendant les cours (si si! ça arrive), aux intercours, au CDI pendant nos trous. Il y en a même qui font des blogs pour raconter leur année ;) Bref, j'ai trouvé interessant de rapporter quelques-uns des sujets les plus choyés. Vous vous apercevrez vite que certains sont les mêmes que dans le secondaire, d'autres sont spécifiques à l'hypokhâgne. Je vais aussi tenter de les hiérarchiser, du plus fréquent au moins employé.

- Les professeurs. Sujet éternel, que toute notre passion ne parvient pas à épuiser et qui commence dès notre plus jeune âge. Les remarques sont de tout genre. Au début de l'année, on s'interrogeait surtout sur le fait de savoir si ils avaient fait Normale'Sup ou non, comme les enfants font pour tester les grandes personnes. A chaque fois, lorsque nous apprenions que l'un d'entre eux sortaient de l'ENS, nous (ou je?) étions ébahis : "Wahou, c'est donc ça un normalien!". Ensuite, en apprenant à mieux les connaître, nous avons commencé à dresser des portraits psychologiques complets et à les imiter entre nous tout en rigolant (voix, mimique...). Les conversations nous permettent aussi de nous révolter : "Tu as vu comme il est dur celui-là?" suivi d'un acquiecement général. Pour ma part, ils suscitent en moi un sentiment de curiosité permanente, et j'essaye de savoir à quoi ils ressemblaient à mon âge en hypokhâgne.

-Correlaire des professeurs, les cours. Souvent à la sortie d'une heure de cours, nous en discutons brièvement. Nous reparlons en effet de ce que nous venons d'apprendre, des moments rigolos, de ce qui nous a déplu. Souvent, il m'arrive de faire à part à mes petits camarades de mon exaltation, qu'ils partagent de temps en temps. Quand nous avons plus de temps, nous en reparlons franchement, de manière plus globale mais synthétique. Par exemple : "Qu'est-ce que tu penses du cours de Lettres en général?" et là nous débattons, car nous ne tombons jamais d'accord. Certains pensent qu'il est mal construit, d'autres non. J'adore ce sujet!

- L'orientation. "Alors, tu fais quoi l'année prochaine - J'c pô". Ce dialogue, simple, composé de quelques mots, devient un rituel social. Personnellement, plusieurs fois par semaine, je demande à mes condisciples leurs voeux pour le futur et vice-versa. La plupart du temps, ils sont perdus, comme moi, donc ça nous plaît et on se le redemande sans s'épuiser. On rigole de notre propre néant à venir. C'est que tout est incertain : on ne saura qu'à la fin de l'année si on est admis en khâgne, donc tous nos plans peuvent s'écrouler du jour au lendemain.

-Le travail [à la maison]. Sujet mitigé. Au moins une fois par jour, je demande et pareillement on me pose la question de savoir si j'ai travaillé la veille. Je réponds oui presque à chaque fois (pour leur faire peur!). En fait, je crois qu'on cherche tous à s'auto-rassurer en posant cette question. Très souvent, on se lamente : le poids du travail nous accable, c'est trop dur, et puis j'en ai marre je ne le fais pas. Cependant, on veille à ne pas trop l'évoquer pour montrer qu'après tout, y'a pas qu' ça dans la vie.

-Nos trouvailles, passées ou récentes. Je m'explique : comme nous butinons un peu chacun de notre côté une fois rentrés à la maison, nous parlons souvent entre nous des livres, films ou musiques qui nous ont marqués. Fécondité de l'échange.

-Les temps libres. "Alors, tu fais quoi samedi soir". En effet, le 6e jour de la semaine est sacré : c'est le seul possible pour sortir sans trop de scrupules. Personnellement, je suis très interessé de savoir à quoi s'adonnent mes autres camarades. A fortiori, on s'interroge sur les vacances, surtout les grandes, période de l'ultime affranchissment dont l'odeur se fait déjà sentir!

-Philosophie de petite semaine : le travail est-il la condition de l'homme? La crise est-elle éphémère? Faut-il s'enfermer dans l'abstrait etc...On se sent fort après s'être posé toutes ces questions.

-Enfin, le "Tu t'es couché à quelle heure hier soir", au lendemain d'une dissert' à rendre. C'est généralement un concours : on s'incline devant ceux qui ont fait la nuit blanche. Quatre heures, c'est un score honorable. Trois heures, tu aurais pu faire un peu mieux. Avant trois heures: tu as bien fait de dormir longtemps!

Je pense que tout est dit, enfin presque. Ce que j'esquisse, c'est un squelette général qui se laisse modeler en fonction des différents individus, et là, l'approche est beaucoup plus complexe. Nouvelle conversation à lancer pour les hyblogués : ce blog est-il utile ou non?

Comments:
cet article est tres marrant! car même si on est pas de ta classe on se reconnait dans les questions et les sujets que tu évoques; exemple: le fait de savoir si mon prof a fait normale ou pas, ou les statistiques effectués le jour ou on rend une dissert' pour savoir qui a dormi et combien de temps;
 
Oui, ton blogue est utile.

Et je le lis actuellement en partant du début. Tout est intéressant et franchement, j'ai hate d'y être... (Même si c'est dur...)
 
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