4.07.2005
Colle plutôt troublante ./..
Le professeur :
- Mister Schneidermann, votre commentaire était très bien
Moi :
- ~Ah bon? Merci...merci...~
- Hélas, c'est dommage que tout s'effondre par votre niveau de langue.
- ~Aïe, je le sentais venir~
- En effet, vous faîtes des fautes impardonnables, du genre different of. [Elle cherche dans ses feuilles tous les autres crimes grammaticaus]. De plus, à cause de votre prononciation, on a du mal à vous suivre. C'est embêtant.
- ~Si y'a qu'ça...~ Je sais Mme (soupir). Vous savez, il faut que je parte en Angleterre et je reviendrai blingue.
- Oui, par exemple cet été pour un job ; et lisez.
- ~Comme si j'avais le temps, je m'efforce déjà de concentrer 25h dans une journée... Et dieu sait j'aimerais bien~
Quelques instants de silence.
Le professeur :
- Que voulez-vous faire plus tard Mister Schneidermann?
Moi :
- Heu...Allez voir sur mon blog, j'y exprime mes hésitations (non, je rigole, je n'ai pas répondu ça). Heu...je ne sais pas trop, j'hésite entre la fac et la khâgne.
- La fac n'est pas très interessante avant la maîtrise. Quelle khâgne, avez-vous une idée?
- ~Mais qu'est-ce que j'en sais moi?!~ Heu...j'hésite entre philo, allemand et lettres.
- Mister Schneidermann, à mon humble avis, je vous vois bien en lettres modernes.
- ~Hein? Moi? Faire des lettres? Pourquoi me dire ça?~
- En effet, j'ai remarqué qu'il y a une certaine sensibilité littéraire chez vous qu'il faudrait exploiter...
- ~Oh...c'est très gentil ça~. Oui mais j'ai peur des Lettres Mme. Je n'ai jamais lu avant cette année...(complainte interminable censurée).
- De toute façon, je ne vous vois pas en khâgne allemand.
-~Pardon? Ais-je bien entendu? Pourquoi pas allemand? C'est ce qui m'attire le plus!~
- Vous êtes fort en thème? Parce qu'en anglais...hein...c'est pas très brillant. Vous êtes fort en thème?
-Ben...oui...enfin...bof...normal quoi.
- Je pense que les langues ne sont pas faites pour vous. La grammaire, c'est pas votre truc...Sorry.
- Vous avez une idée de métier?
- Non.
Et là nous nous séparons. Je repars dans le couloir, plus indécis que jamais sur mon orientation. Je me parle un peu anglais à moi même : c'est vrai, je ne comprends rien à ce que je dis, j'articule mal, j'accentue mal.
Enfin, je n'ai pas tout perdu. J'ai un sujet de blog, et peut-être la compassion de mes chers blogués.
4.03.2005
Courbe de motivation 2004/2005
LEGENDE :

Ce graphique tente de retracer ma motivation pour l'hypokhâgne depuis les grandes vacances dernières. la courbe est en dents de scies : sur la tendance à long terme, on décèle une irrégularité flagrante. Les stabilisations sont quasi inéxistantes. Etudions donc les micro-changements pour essayer de mieux cerner ce graphique déconcertant.
On remarque une nette tendance à la hausse à partir de juin. En effet, j'ai décidé fin mai 2004 que je m'inscrirai en HK. Au début je n'y croyais pas. Finalement, j'ai changé d'avis. J'hésitais avec le droit : j'ai passé un concours à la fac de Sceaux, mais finalement j'ai renoncé.
Pendant les vacances, on s'aperçoit qu'il y a une forte montée d'adrénaline, avec un taux record en aout 2004 : l'excitation est à son maximum. La preuve : je lis pleins de livres que l'on m'a recommandés, tellement je suis pressé.
La rentrée se traduit par une crise comparable à celle de 73 pour le pétrole : c'est la peur totale qui fait baisser la motivation. Les professeurs me font peur, la masse de travail est impressionnante et mes camarades ont l'air d'être des super-têtes. Je veux retourner en droit. Je vois les autres qui partent, et je veux les imiter. Je peux lire sur la couverture de mon agenda : "now or never"; c'est le destin ! cela me terrifie, je veux m'enfuir maintenant! Finalement, je reste.
La remontée est difficile. Je pleure beaucoup. Je me rends compte que je ne sais pas lire (10 pages par heure sans rien comprendre). Mais la remontée est certaine : je me fais des amis dans la classe, auxquels je m'attache très vite et je me dis que je suis là pour me forger une culture, et qu'un échec dans la vie n'a jamais tué personne. Je commence à lire des livres pour moi, sorte de rebellion alter-travail.A partir de novembre, la motivation rebaisse. C'est l'hiver. Il fait froid. J'ai du mal à communiquer, et je me rends compte que la culture m'a déformé. Je déteste les dissertations, qui me font peur et qui provoquent en moi des malaises existentiels (je vous raconterai...). Je ne sais pas ce que je fais. Le concours blanc me terrifie et me terrasse, malgré mes bonnes notes. Je passe des vacances de noël horrible avec ma famille, car depuis l'hypokhâgne je me sens différent, comme endurci. Tout s'effondre.
Heureusement, le cours du baril remonte après ces vacances. Je ne sais pas ce que je fais, mais je suis certain d'une chose : l'année avance. Je me dis que l'année d'après, je ferai une école de commerce et du chinois. Mon avenir semble se planifier. Les vacances de février sont un investissement excellent pour le développement : mon bafa me revigore comme jamais. J'apprends qu'il peut exister une vie construite en dehors de la prépa, et qu'on a pas besoin d'être littéraire pour bien s'entendre avec les gens. Je relativise. Je comprends un peu mieux ce qui m'entoure. J'ai envie continuer. A cette date, je commence aussi mon blog : échappatoire créatif!
Nous sommes à deux semaines du concours blanc. J'ai peur, mais je m'en fiche. J'espère que le taux va se stabiliser à cette hauteur. Je me fonds dans le travail et dans la culture. Mes lectures personnelles sont du plaisir. Je ne veux pas que l'année se finisse...Je ne veux pas arrêter d'apprendre, je ne veux pas me séparer des mes compagnions de classe. J'espère que cette phase sera durable.
PS : ce graphique ne tient pas compte des inflations sentimentales personnelles, qui peuvent modifier ce graphique si on prend le point de vue moral total de l'individu.